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Le château d'Usson s'élevait primitivement sur le territoire de la commune d'Echebrune, au lieu dit Usson. Édifié entre 1536 et 1548, selon toute vraisemblance par Jean de rabaine, seigneur d'Usson et de Montsanson, son architecture et ses sculptures ne sont pas sans rappeler celles de l'église de Lonzac, sise à proximité. Cette ressemblance n'a d'ailleurs rien de fortuit et doit beaucoup à l'influence de la renaissance italienne introduite en Saintonge par Jacques Galiot de Genouillac, grand maître de l'artillerie de François 1er. Ce dernier avait, en effet, épousé Catherine d'Archiac, parente des Rabaine, dont il fut rapidement veuf et à la mémoire de laquelle il fit édifier l'église de lonzac. Par ailleurs, il avait fait construire, par Nicolas Bachelier, dans son Quercy natal, le château d'Assier, réaliser dans le goût de la pure Renaissance, ainsi qu'une église dont l'ordonnance et la décoration rappellent celles de Lonzac.
Il paraît normal que les Rabaine, frappés par la beauté de celle-ci, eurent non seulement recours à l'architecte chargé des travaux de cette dernière, mais suivirent également les conseils de leur parent, passé orfèvre en la matière, lorsqu'ils entreprirent la réalisation du château d'Usson. L'origine Renaissance italienne du château paraît indiscutable: galerie aux arcades en anse des paniers de la façade ouest, tour de défense décorative qui termine l'aile droite, qui n'est pas sans rappeler certaines tours que l'on retrouve en Vénétie, dans les environs de Vicence, etc.… Le temps et les hommes ont apporté maintes modifications à l'aspect primitif de l'édifice. Des parties architecturales ont disparu, la chapelle a été détruite, de la sacristie on ne retrouve plus les traces… Des bâtiments modernes, édifiés par les divers propriétaires qui se sont succédés de 1715 à 1789, se trouvent mêlés aux différentes parties de l'antique logis et entourent une cour sur laquelle donnent également des chais, des étables, etc.… C'est un acte sous seing privé, du 13 décembre 1879, que W. Augereau, propriétaire du château des Egreteaux, à Pons, achetait de Pierre Gandaubert les restes du château d'Usson, situés sur la commune d'echebrunne. Ce dernier l'avait acquis des héritiers Dupuy en 1861. W. Augereau, maire de Jarnac Champagne, décida de faire démonter tous les éléments décoratifs subsistant du château d'Usson et de les faire transporter d'Echebrune aux Egreteaux. Des photographies de l'époque nous permettent de constater que le monument d'alors était autre que ce que nous pouvons voir aujourd'hui. M. W. Augereau eut l'idée et surtout l'audace de transporter cet ensemble dans une de ces propriétés adossée à un bois bicentenaire, 1,5 km de Pons, et de planter un parc pour le mettre en valeur. Cinq années furent nécessaires pour cet ambitieux projet. L'ensemble fut soigneusement démoli, chaque pierre minutieusement numéroté, emballées et transportée pièce par pièce à l'aide de petits chariots spéciaux qui devaient parcourir les sept kilomètres séparant le domaine d'Usson du village des Egreteaux. Non seulement, dans cette reconstruction William Augereau fut son propre architecte, mais encore il n'hésita pas aider lui-même les ouvriers dans leur travail ingrat et difficile. La réussite fut parfaite. On peut remarquer les proportions heureuses et la parfaite harmonie des lignes ainsi que la magnifique perspective entre les grands arbres du parc. Les trois façades s'élevant autour de la cour sont remarquables par la richesse et la variété de leur ornementation ainsi que par les lucarnes originales qui les surmontent et leurs pittoresques gargouilles.
La tour d'angle de 6 mètres de diamètre et de 20 mètres de hauteur domine l'ensemble. La toiture en dôme, surmontée d'une lanterne a l'aspect quelque peu surprenant. Toute sa décoration est réservée à sa partie supérieure, avec un contournent formé d'une frise coupée de distance par des tronçons de fûts de colonnes cannelées. La galerie ouest a six arcades amorties en cintre surbaissé protées par des pilastres à chapiteaux Renaissance. Au sud de cette galerie, on remarquera la fuie à coupole de pierre avec un lanternon. L'intérieur est digne de l'extérieur. En dehors de quelques couloirs sombres et chambres exiguës, il présente de vaste pièces aérées. Entre autres, le surprenant jardin d'hiver, le salon Régence (boiseries acquises par M. W. Augereau au château de Choisy le Roy), la salle à manger sont tout à fait remarquables.
Philippe
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